Laure Mi Hyun Croset

Biographie

Laure Mi Hyun Croset est une écrivaine suisse née en 1973.

Laure Mi Hyun Croset est une auteure cosmopolite qui habite la langue française et se nourrit de multiples cultures. Née à Séoul (Corée du Sud), elle est adoptée par une famille suisse à l’âge d’un an et demi. Elle grandit à Genève, où le français devient sa langue maternelle. Élevée par des parents ouverts sur le monde, elle voyage beaucoup et son imaginaire s’abreuve à de multiples paysages. Enfant, elle passe ainsi ses étés en Espagne dans une maison troglodyte perdue en pleine nature ; la beauté sauvage des lieux et la grande liberté dont elle y jouit la marquent profondément. Un voyage en Albanie lui fait également une très forte impression : elle est frappée par la pauvreté tout autant que par la grande culture des gens rencontrés, ainsi que par la beauté du pays.

Laure Mi Hyun Croset est également très sensible aux milieux urbains. À seize ans, elle part à Chicago, aux États-Unis, pour une année d’échange. C’est une expérience difficile, marquée par un puissant sentiment de décalage, mais qui ne l’empêche pas de s’émerveiller devant la splendeur de la ville et de se découvrir une certaine passion pour l’architecture.

Par la suite, elle effectue de nombreux « road trips » aussi bien en Espagne qu’aux États-Unis, en Écosse ou en Irlande.

Dès l’adolescence, ses liens à Paris et à la France s’intensifient. Après avoir commencé ses études à l’université de Genève, Laure Mi Hyun Croset s’inscrit à la Sorbonne. Elle ne reste que quelques mois et passe plus de temps dans les clubs de la ville qu’à l’université, mais par la suite, elle ne cesse de revenir dans la capitale française devenue sa ville de cœur. Si elle apprécie Genève – où elle réside actuellement – et notamment son côté très cosmopolite, elle se sent profondément française par la culture : Paris est pour elle une ville éminemment littéraire dans laquelle elle ne cesse de retrouver les traces et les échos de ses lectures.

Le pays de ses origines, la Corée, n’a pas pour autant tout à fait disparu de sa vie ; elle y retourne régulièrement et suit avec beaucoup d’intérêt les évolutions culturelles du pays, se passionnant notamment pour le cinéma et la gastronomie.

Avant d’être écrivaine, Laure Mi Hyun Croset est d’abord une grande lectrice, dévorant les classiques aussi bien que ses contemporains. Son écrivain fétiche est certainement Gustave Flaubert, dont elle apprécie particulièrement l’ironie, mais aussi la capacité à partir de presque rien pour faire naître un monde plein de nuances. Elle cite également volontiers parmi ses auteurs favoris Marcel Proust, Louis Ferdinand Céline, Francis Ponge ou Claude Simon. De son année à Chicago, elle a également gardé un certain goût pour les auteurs américains : Charles Bukowski, James Ellroy, Jay McInerney, Chuck Palahniuk…

Parmi ses contemporains, elle lit Olivia Rosenthal, Laurence Cossé et Jean Echenoz. Elle a aussi beaucoup aimé Oh de Philippe Djian ou Limonov d’Emmanuel Carrère. Si ses goûts sont plutôt éclectiques, elle est néanmoins toujours sensible au travail sur la langue. Dans sa propre pratique de l’écriture, elle apporte d’ailleurs un soin extrême au choix des mots, au rythme des phrases. Elle passe un temps infini à relire et retravailler ses textes. Ce soin minutieux s’explique aussi par ses choix narratifs : Laure Mi Hyun Croset privilégie les récits ambigus, dans lesquels le lecteur est sans cesse amené à s’interroger, à se méfier. Pour l’auteure, la littérature doit poser des questions et non donner des réponses. Préserver cet état de trouble du lecteur, jouer à l’égarer sans le perdre tout à fait, implique une grande attention à la justesse de l’écriture.

Peut-être aussi pour cette raison, Laure Mi Hyun Croset privilégie-t-elle souvent les récits courts ou fragmentaires dans lesquels son écriture acérée peut prendre toute sa puissance.

Son premier livre, Les velléitaires (2010), est un recueil de nouvelles dressant les portraits de personnages souhaitant changer de vie, mais abandonnant finalement leur projet, faute de courage, de persévérance ou de véritable ambition. Polaroïds (2011) est une autofiction sous forme de fragments, dans laquelle l’auteure se raconte sans complaisance à travers le récit de ses hontes. Ce récit a été distingué par le Prix Ève de l’Académie romande. En 2014, Laure Mi Hyun Croset publie On ne dit pas ‘je’ !, un récit inspiré de la vie d’un ancien toxicomane devenu fondateur d’un label de musique électronique. Elle travaille actuellement à un roman inspiré par l’histoire vraie d’un tueur en série. Si ces textes semblent tous aborder des thèmes bien différents, ils ont cependant en commun d’explorer les faiblesses de l’âme humaine. On retrouve d’ailleurs cela dans les nouvelles du recueil Après la pluie, le beau temps : il s’agit toujours de montrer des personnages confrontés à leurs insuffisances, leurs doutes, leurs fragilités. Si le regard posé sur eux est parfois teinté d’ironie, l’auteure s’abstient toutefois de les juger trop durement, s’attachant avant tout à saisir leur complexité.

Des métiers divers

Laure Mi Hyun Croset a toujours souhaité faire de l’écriture son activité principale. Pour cette raison, elle a évité de s’engager pleinement dans une autre branche professionnelle et a préféré exercer différents métiers – toujours en lien avec la langue ou la culture –, au gré de ses envies et des circonstances : elle a ainsi été correctrice pour une maison d’édition, enseignante de français et critique gastronomique. Elle rédige régulièrement une chronique pour le journal Hotel Revue. Elle travaille également comme consultante littéraire et est agente artistique pour une musicienne de jazz.

Bibliographie

- Les Velléitaires, Belgique, Luce Wilquin, 2010 (nouvelles)

- Polaroïds, Belgique, Luce Wilquin, 2011 (Prix Ève de l’Académie romande 2012) (Autofiction)

- On ne dit pas « je » !, Suisse, BSN Press, 2014 (récit)

2009 « Le bilan », nouvelle pour le recueil collectif, Ethique et écriture, dir. Bessa Myftiu, Éditions Ovadia, Nice

2012 « Alba et Rosa », nouvelle pour le recueil collectif Léman noir, dir. Marius Daniel Popescu, BSN Press, Lausanne

2012 « L’attente », nouvelle pour le recueil collectif Du cœur à l’ouvrage, dir. Louise-Anne Bouchard, éd. L’Aire, Vevey

2013 « Coït », nouvelle pour le recueil collectif Le Dos de la Cuiller, dir. Louise-Anne Bouchard, Paulette Éditions, Lausanne

2015 « Unilatéralités du Flétan », texte pour l’abécédaire ichtyophile dir. Jean-Pierre Fournier, illustré par Mikio Watanabe, René Botti et Marc Taraskoff, GB&CO, Paris

2015 « Cages vitrées », nouvelle pour le recueil collectif Dans les pas de Walser, sur les traces de Rousseau…Cippe à Bienne, dir. Patrick Amstutz, Infolio, Bienne

2016 « Boix, Visual Big Bang », texte du catalogue du peinte Carlos Boix, MFD, Milan

ATTENTION ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

En poursuivant sur ce site, vous signifiez votre accord avec cet usage. En savoir plus

J'ai compris

Les cookies utilisés sur ce site sont de trois natures

Vous pouvez trouver des informations détaillées sur les cookies, les outils de traçage et les moyens de s'y opposer sur le site de la CNIL