Noura Bensaad

Biographie

Noura Bensaad est une auteure tunisienne née à Carthage.

D’un père tunisien et d’une mère française, elle naît et grandit à Salammbô, un quartier de Carthage qui doit son nom au célèbre roman de Gustave Flaubert. Après des études de lettres à Tunis, elle passe une année en France. Pendant longtemps, sa double culture lui est essentiellement une source de malaise et ce n’est qu’après avoir séjourné en Italie (elle y passe six années entre l’âge de 25 et de 32 ans) qu’elle comprend la richesse de son héritage : ce pays qui lui semble à la croisée de ses deux cultures lui permet de se réconcilier avec ses racines mêlées.

Engagée dans la vie sociale et suivant de près l’évolution politique de son pays, elle tient depuis 2011 un blog sur les transformations de la Tunisie après la chute de Ben Ali.

 

Les œuvres

Après une longue période d’essais infructueux, Noura Bensaad écrit un premier recueil de contes pour enfants. Si ce livre reste  inédit, il lui permet de prendre conscience de ses affinités avec la forme brève.

Un roman paraît en 2002, L’Immeuble de la rue du Caire, construit comme un kaléidoscope d’instantanés : dans l’immeuble d’une ville qui pourrait être Tunis, les habitants se croisent, se côtoient, et leurs histoires font de même…

En 2004, son recueil de nouvelles, Mon cousin est revenu, met en scène une galerie de personnages dont les rêves, les espoirs se trouvent confrontés aux durs obstacles de la réalité.

Cinq ans plus tard, en 2009, elle publie aux éditions elyzad un nouveau recueil intitulé Quand ils rêvent les oiseaux : empreintes de poésie, parfois de mélancolie, les histoires qui le composent parlent de destins sur le fil, de personnages en quête de sens. Un
parfum d’étrangeté laisse penser que l’univers du conte n’est pas très loin.

 

Les thèmes

 

La Méditerranée

Ayant pour cadre la Tunisie, l’Italie ou le Sud de la France, les textes de Noura Bensaad sont baignés d’une ambiance méditerranéenne. Sans que l’auteure s’attarde sur les
descriptions, des détails laissent deviner des paysages et un « parfum » du sud.

 

L’individu et la réalité sociale

Les nouvelles de Noura Bensaad, même lorsqu’elles évoluent aux frontières du rêve, ne négligent cependant pas le contexte social. L’auteure a d’ailleurs déclaré : « Je désirerais, comme l’a écrit un jour Flaubert dans une de ses lettres, ‘écrire sur rien’ ; seulement
voilà, il y a l’environnement social, politique, économique. » Noura Bensaad se sent incapable de faire totalement abstraction des réalités du monde dans lequel elle vit et ses nouvelles en portent généralement la trace. Si la plupart d’entre elles s’intéressent d’abord aux individus, à leurs failles, leurs désirs, leurs espoirs, elles prennent néanmoins soin d’esquisser le milieu dans lequel évoluent les personnages.

 

La solitude

On notera également que les histoires de Noura Bensaad évoquent souvent la solitude.
Ses personnages semblent enfermés dans leurs doutes, leurs interrogations sur l’existence… mais le désir de l’autre demeure très présent et la grâce de certaines rencontres, fussent-elles éphémères, pourrait quelquefois suffire à donner à la vie toute sa saveur.

 

Le style

Noura Bensaad aime mêler les registres et ses textes oscillent entre réalisme et onirisme. Son écriture est souvent visuelle, presque impressionniste. C’est par petites touches, au travers d’évocations brèves, que l’auteure construit peu à peu l’univers de ses récits.

 

Les influences

Petite, elle dévorait les livres de la bibliothèque familiale, notamment les œuvres de la comtesse de Ségur et celles de la Bibliothèque rose ou de la Bibliothèque verte (collections d’écrits pour la jeunesse ayant connu un immense succès en France).

Adolescente, elle apprécie tout autant l’exotisme poétique de Han Suyin que le souffle épique de Joseph Kessel et lit toute l’oeuvre d’Albert Camus. Si une lecture s’est avérée particulièrement
déterminante pour son écriture, elle affirme que c’est celle de l’auteur colombien Gabriel Garcia Marquez. Le réalisme magique, qui caractérise l’oeuvre de cet auteur et que l’on retrouve souvent dans les littératures sud-américaines, lui aurait en effet permis
de s’affranchir des contraintes du réalisme classique et d’envisager un rapport plus libre à l’écriture.

Noura Bensaad a exercé de nombreux emplois, toujours en lien avec l’écriture et la langue. Elle a ainsi été enseignante, traductrice, interprète ou rédactrice web. Sur son blog La Tunisie, c’est comme ça, elle tient la chronique régulière d’un pays en
plein bouleversement, s’attachant tout autant à l’actualité politique qu’à l’évolution de la société ou à la mise en valeur du patrimoine.

Elle collabore en outre régulièrement avec des magazines sur le thème de la culture et du patrimoine. Pendant ses loisirs, elle pratique la photographie, une de ses passions « secondaires ».

Bibliographie

L’Immeuble de la rue du Caire, L’Harmattan, Paris, 2002.

Mon cousin est revenu, L’Harmattan, Paris, 2003.

Quand ils rêvent les oiseaux, elyzad, Tunis, 2009.

La Tunisie, c’est comme ça : http://latunisiecestcommea.blogspot.de

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