Serge Joncour

Biographie

Serge Joncour est un auteur français né en 1961.

Originaire d’une famille de paysans, il est né et a grandi à Paris, non loin du quartier du Marais. Son enfance s’est partagée entre les rues de la capitale et les paysages plus champêtres de la Nièvre, l’Eure-et-Loire et le Valais suisse. On sent dans plusieurs de ses œuvres une certaine tendresse pour ces régions rurales méconnues des touristes et qui pourtant ont le charme, leur beauté. Une tendresse qui reste toujours marquée par le sentiment d’une distance, peut-être, mais qui n’en est pas moins réelle.

Ces rapports ambivalents aux lieux, cette question de se sentir ou non à sa place, sont certainement des constantes de l’univers de Serge Joncour. Très jeune, vers 13 ou 14 ans et jusqu’à 16 ans, il éprouvait d’ailleurs régulièrement le besoin de fuguer, laissait un mot pour prévenir ses parents et prenait le train… Ce qui comptait n’était pas tant la destination que le mouvement de la fuite. Ce sont peut-être ces expériences de liberté volée qui lui ont inspiré son roman In Vivo (2006). Ce texte raconte en effet la fugue de deux enfants à la recherche d’une famille à la hauteur de leurs espérances. Quant à sa tendresse pour les voyages en train, notamment en province, on peut la lire dans plusieurs passages pleins d’humour de L’Amour sans le faire (2012). Serge Joncour aime donc prendre le train, il aime le temps de ces traversées contemplatives, mais aussi le potentiel de rencontres qu’ils représentent… et c’est tant mieux puisqu’il voyage beaucoup pour la promotion de ses livres et qu’il ne supporte pas l’avion !
Les débuts
Serge Joncour a toujours voulu écrire. Enfant, il n’était pas très bon élève, mais aimait néanmoins beaucoup les rédactions. Bien que souvent hors-sujet, le plaisir d’avoir des lecteurs, de faire rire ses camarades l’a encouragé à poursuivre dans cette voie. La lecture, l’écriture et l’humour lui ont toujours semblé des remparts essentiels à l’angoisse.

Les œuvres  
Pendant des années, tout en menant parallèlement toutes sortes d’activités, il écrit : de la poésie, des nouvelles, des romans… Malheureusement, sans parvenir à trouver un éditeur. Finalement, c’est après une dizaine de textes et pas mal de lettres de refus que son premier roman, Vu, est publié aux éditions du Dilettante en 1998. Il a alors 37 ans. Depuis il a publié un peu plus d’une dizaine de livres, dont Kénavo (2000), UV (2003) qui a obtenu le prix France-Télévision, L’Idole (2004) récompensé par le Prix de l’Humour noir, Combien de fois je t’aime (2008) et L’amour sans le faire (2012). Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma : U.V. en 2007 par Gilles Paquet-Brenner et L’Idole sous le titre Superstar en 2012 par Xavier Giannoli. Serge Joncour a également écrit le scénario du film Elle s’appelait Sarah (2010) de Gilles Paquet-Brenner d’après un roman de Tatiana de Rosnay. Sorti aux Etats-Unis en 2011, le film a connu un succès retentissant. L’auteur travaille actuellement à l’adaptation de son roman L’Amour sans le faire. Quant à son prochain roman, L’écrivain national, il sortira fin août aux éditions Flammarion. Il raconte l’histoire d’un écrivain qui, s’intéressant d’un peu trop près à un fait-divers, s’y trouve finalement mêlé…  

Les thèmes  

La relation aux autres
À travers ses romans comme ses nouvelles, Serge Joncour ne cesse d’explorer les relations humaines et tout particulièrement la difficulté à communiquer avec les autres et à trouver sa place. Ses personnages sont souvent des êtres fragiles et pleins de doutes qui se demandent quelle attitude adopter face à la vie. Ainsi, dans L’homme qui ne savait pas dire non, le personnage principal se retrouve, comme le titre l’indique, incapable de prononcer le mot « non ». Bien entendu, ses relations avec les autres en sont très affectées… Dans Situations délicates, l’auteur présente quarante-cinq scènes cocasses et surprenantes dans lesquelles le narrateur se trouve en situation embarrassante face aux autres. Tandis que dans L’Amour sans le faire, les protagonistes, Frank et Louise, sont deux êtres un peu perdus qui ont du mal à exprimer leurs sentiments et vivent emmurés dans une douloureuse solitude. Quant aux nouvelles de Combien de fois je t’aime, elles témoignent toutes à leur manière de cette difficulté à vivre le lien à l’autre.  

La campagne
Dans plusieurs de ses textes, Serge Joncour fait la part belle aux descriptions du monde rural, même si le regard qui est posé est plutôt ambivalent, partagé entre tendresse et sentiment d’étrangèreté. Son premier roman, Vu se déroulait dans un petit village en rase campagne. Le deuxième, U.V., avait pour cadre l’île de Bréhat (Bretagne) qui ne compte que quelques centaines d’habitants. Bol d’air (2011) et L’Amour sans le faire (2012) racontent tous deux le retour d’un homme dans la ferme parentale. Si les décors semblent plutôt sombres et oppressants dans le premier, le second est au contraire l’occasion d’un hommage lumineux à la région du Lot. Pour autant, le personnage principal, s’il y est sensible, peine à trouver une relation apaisée avec le lieu.  

Les dérivés de la société contemporaine
Observateur aigu, Serge Joncour ne manque pas d’épingler les travers et les absurdités de la société d’aujourd’hui. Ainsi, dans Combien de fois je t’aime, l’amour se vit par boîte de messagerie ou par téléphone interposé. Le mythe de la jeunesse éternelle est également abordé dans la nouvelle « Demain on sera jeune ». Dans Kenavo, dans Vu et dans L’Idole, les fantasmes de célébrité sont dénoncés avec humour. Ainsi, dans L’Idole, Georges Frangin, un homme tout à fait ordinaire, se découvre soudain célèbre sans connaître les raisons de ce subit bouleversement. S’en suit une série de situations aussi rocambolesques que savoureuses...  

Le style  
On reconnaît le style de Serge Joncour à ce mélange entre humour décalé et sensibilité à fleur de peau. Serge Joncour a certainement le sens de la formule, de l’expression qui marque (il a d’ailleurs travaillé un temps dans la publicité), mais il sait aussi décrire avec beaucoup de subtilité la délicatesse des sentiments humains.  

Les influences  
Parmi les auteurs qui l’ont profondément marqué, il cite des noms aussi divers que Bernard Clavel, Marguerite Duras, Huysmans, Gustave Flaubert ou Louis-Ferdinand Céline. Pourtant si certains textes comme Voyage au bout de la nuit de Céline ou Don Quichotte de Cervantès l’ont profondément impressionné, ils ne lui ont pas forcément permis d’écrire, justement parce qu’ils lui semblaient trop inaccessibles. En revanche Bouvard et Pécuchet de Flaubert a été déterminant à cause de l’humour, Thérèse Raquin d’Emile Zola lui a appris l’espace du roman et Le Septentrion de Louis Calaferte a été un véritable déclencheur. Il se dit en effet fasciné par ce livre qui a été pour lui une révélation et l’a décomplexé socialement. Le cinéma l’inspire aussi parfois. Ainsi, il reconnaît avoir écrit son roman U.V. en pensant à l’univers du cinéaste Claude Chabrol. Ce dernier avait d’ailleurs acheté les droits du roman, sans que pour autant le film ne se fasse à l’époque.  

Les habitudes d'écritures  
Quand il écrit, Serge Joncour n’a pas vraiment de plan, en revanche il s’appuie sur des cahiers de notes remplis de phrases, de courtes séquences, d’idées. Il a toujours plusieurs stylos sur lui, au cas où une inspiration lui viendrait... Il écrit généralement l’après-midi et se coupe pour cela du monde pendant plusieurs heures : pas de téléphone, pas d’Internet et des boules quiès pour être sûr de ne pas être dérangé par le bruit ! Il se relit volontiers en faisant des haltères...
Des métiers de toutes sortes  
Avant de devenir écrivain, Serge Joncour a exercé toutes sortes de professions : maître-nageur, portier de boîte de nuit, vendeur de journaux, rédacteur de slogans publicitaires...  

Les réseaux sociaux  
Particulièrement attentif aux dérives de ses contemporains, il exerce sa plume acérée et pleine d’humour également sur Internet : ses tweets et ses posts sur Facebook témoignent de son sens aigu de la formule.  

La radio  
Serge Joncour participe régulièrement à l’émission de radio de France Culture « Des Papous dans la tête », dans laquelle il se livre à des jeux verbaux et littéraires dans la veine de l’OuLiPo.
Bibliographie

Vu, Le Dilettante, 1998, Folio, 2000, Prix Jean-Freustié en 1999
Kenavo, Flammarion, 2000

In vivo, Flammarion, 2002
U.V., Le Dilettante, 2003, Prix France Télévisions en 2003, Adapté au cinéma en 2007 : U.V., traduit vers l'allemand par Nathalie Mälzer-Semlinger: Ultraviolett, Klett & Cotta, 2008
L'Idole, Flammarion, 2004, Prix de l'Humour noir Xavier Forneret 2005. Adapté au cinéma en 2012 sous le titre Superstar par Xavier Giannoli.
Les Collègues, L'idée bleue, 2006
Que la paix soit avec vous, Flammarion, 2006

L'homme qui ne savait pas dire non, Flammarion, 2009
Bol d'air, Les Éditions du moteur, 2011
L'Amour sans le faire, Flammarion, 2012, Prix littéraire des Hebdos en Région 2013
L’Écrivain national, Flammarion, 2014

Situations délicates, (nouvelles), Flammarion, 2001

Combien de fois je t'aime, (nouvelles), Flammarion, 2008

D'après l'émission radiophonique Des Papous dans la tête sur France Culture :

Les Papous dans la tête, l'anthologie, dir. Bertrand Jérôme et Françoise Treussard, Gallimard, 2007

Le Dictionnaire des Papous dans la tête, dir. Françoise Treussard, Gallimard, 2007

Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma :

U.V. (2003) adapté en 2007 par Gilles Paquet-Brenner sous le titre éponyme U.V..

L'Idole (2004) adapté en 2012 par Xavier Giannoli sous le titre Superstar.

ATTENTION ! Ce site utilise des cookies et autres technologies similaires.

En poursuivant sur ce site, vous signifiez votre accord avec cet usage. En savoir plus

J'ai compris

Les cookies utilisés sur ce site sont de trois natures

Vous pouvez trouver des informations détaillées sur les cookies, les outils de traçage et les moyens de s'y opposer sur le site de la CNIL